-- Questions aux trois Princes --
Êtes-vous droitier ou gaucher ?
- Morgan : droitier…
- Julian : droitier également, j’ai peur que nous ne soyons guère originaux sur cette question.
- Dante : droitier aussi.
Qu’aimez-vous faire lorsque l’ennui vous guette ?
- Morgan : (arque un sourcil) Je n’ai guère le loisir de m’ennuyer avec mes fonctions. Néanmoins, si ce genre de sentiment m’étreint, j’ai tendance à visiter les jardins ou débattre avec un proche. Aussi simples soient-ils, ces loisirs me libèrent.
- Julian : je joue aux échecs, et sachez que je suis particulièrement doué en stratégie, ou bien je profite de ma famille en visitant notre magnifique capitale.
- Dante : j’aime parcourir la ville pour rencontrer notre peuple et avoir une vision plus concrète de leur quotidien. Quand ma monture trotte à travers les ruelles tannées par le soleil, je me sens en vie…
Faites-vous plutôt l’amour ou la guerre ?
- Morgan : Êtes-vous simple d’esprit pour poser une telle question ? Soit… Je suis un Roi de guerres mais je ne refuse pas les plaisirs de la vie. Dans une certaine mesure.
- Julian : (rit) Quel dilemme cornélien, belle enfant… Nous pouvons faire l’amour et la guerre, faire l’amour pendant la guerre ou considérer l’amour comme une guerre. Si tu entendais en termes de fréquences, j’affine bien plus mes talents d’amant que de guerriers.
- Dante : (rougit malgré lui et se racle la gorge) C'est-à-dire que je n’ai pas eu l’occasion encore de… enfin… La guerre, la guerre.
Votre plus gros défaut ?
- Morgan : mes colères peuvent être particulièrement violentes. (tente de faire de l’humour) Mais plus personne n’est là pour le confirmer (face au silence gêné, il grommelle en maudissant Julian et ses conseils stupides)
- Julian : défaut ? Voilà un mot dont je ne connais pas la signification, charmante dame. (Il esquisse un sourire taquin.)
- Dante : Eh bien… Il paraît que j’ai les émotions à fleur de peau. Mais je trancherai la gorge du premier qui ose confirmer !
Votre plus grande qualité ?
- Morgan : je suis plutôt diplomate (pensant qu’il plaisante à nouveau, un spectateur ricane puis s’étrangle en comprenant que non, Morgan était très sérieux)
- Julian : Ah ! Voilà une question qui me sied ! Amusant, courtois, distingué, noble, bel homme, délicieux amant aux dires des dames, humble et accessible… Je vous aurais bien proposé de rayer les mentions inutiles, mais ce serait réducteur. Ai-je précisé que j’étais un parangon de modestie ?
- Dante : je suis proche de mon peuple et j’œuvre à améliorer leur quotidien. Ça fait très stupide de dire cela, veuillez m’excuser…
Si vous deviez tuer quelqu’un, quels moyens choisiriez-vous ?
- Morgan : souhaitez-vous entendre tout le processus ? Je respecterai nos traditions en termes de supplices. D’abord, nous confinons le condamné dans une prison exigüe, où il perd toute raison. Nos cellules sont ouvertes sur le vide, voyez-vous ? Les falaises sur lesquelles trône Siegord sont comparées à des niches, car nous y perçons nos geôles puis prenons soin de piquer, tirailler, torturer nos adversaires. S’ils survivent à l’attrait du vide ou ne tombent pas pendant leur sommeil, alors nous leur tranchons une main. Puis la seconde. Ensuite, nous prenons leurs oreilles, avant de leur trancher la langue. Enfin, nous leur arrachons les yeux et les pendons publiquement. À mon sens, il n’y a pas pire fin que de voir son intégrité et ses sens annihilés jour après jour.
- Julian : Je n’aurai pas dit mieux.
- Dante : Je l’écourterai quelque peu. Je ne ressens pas les pulsions cruelles de mes aînés et je leur laisse volontiers ces loisirs.
-- Trois questions à Morgan Rhevanna --
- Pourriez-vous pardonner à votre frère un jour ?
Je ne peux me résoudre à haïr mon propre sang, mais comment pourrai-je… (Il soupire). Non, je ne pourrai jamais lui pardonner son comportement passé et son égoïsme. Il nous a trop meurtris.
- Quel a été votre premier acte en tant que Roi ?
Je n’aime pas me souvenir de ces épisodes. Dites-moi, vos questions sont bien moroses, souhaitez-vous m’accabler ?
- Vous sentez-vous la fibre paternelle ? (aimez-vous les enfants quoi ?)
Quand vos questions ne sont pas acides, elles deviennent impertinentes… Je devrais vous amputer d’une tête mais on m’a fortement incité à répondre à vos questions… J’aime les enfants de manière générale, je ne supporterai pas qu’un loqueteux les touche. Ils sont innocents et pleins de vie. Même si leur spontanéité érode parfois ma patience, je les trouve… rafraîchissants. Mais je ne me sens pas l’envie d’en avoir moi-même, pour le moment.
-- Trois questions à Julian Rhevanna --
- Pourquoi tromper votre femme si vous l’aimez ?
Quel but poursuivez-vous, belle enfant ? Arracher des complaintes éplorées aux lectrices ? Les choses ne sont pas toujours aussi simples, à vous entendre je ne suis qu’un homme volage. J’ai toujours été séducteur : j’aime les femmes, leurs parfums, le jeu de séduction qui s’opère avec elles. Mais je ne suis pas un animal en rut pour autant. J’espère peut-être ne pas reproduire les erreurs du passé. Me prouver à moi-même que je suis capable de rendre les liens matrimoniaux moins absolus.
- Croyez-vous au grand Amour ?
…oui, j’y croyais…
- Morgan et Dante sont tous deux en grand danger, qui sauvez-vous ?
La question ne se pose pas. Morgan est mon plus proche ami et Dante est comme un fils, aussi accablant soit-il parfois. Je prie le ciel pour ne jamais avoir à choisir entre eux.
-- Trois questions à Dante Rhevanna --
- Morgan et Julian sont en danger de mort, lequel sauvez-vous ?
Mon… statut de Prince protecteur m’ordonnerait de sauver Morgan… Mais Julian a toujours été soucieux de mon bonheur et je l’aime tant... Ils me sont précieux et vous me confrontez à un dilemme cruel (rire gêné).
- Quelle est la teneur de vos cauchemars ?
Qui vous a parlé de ça ? Comment osez-vous me poser une telle question ? Vous croyez que ce n’est pas assez dur pour moi de revivre en permanence cette tragédie ?
- Sans parler de mariage, quand est-ce que l’on commencera à se fréquenter (à votre demande bien sûr) ?
Oh… je… (rougit). Enfin, quand vous aurez un moment mais… je ne suis pas sûr d’être une personne intéressante, vous savez. (S’embrouille et détourne le regard)
-- Divers --
- Les prunelles caractéristiques des Princes se transmettent-elles chez tous leurs enfants ?
Non, les prunelles se transmettent uniquement de père en fils. Les filles ont des yeux tout à fait normaux et les héritent souvent de leur mère, de fait. Ce côté très particulier, et surtout inexplicable, de leur monarchie leur confère une aura mystique et superstitieuse.
- Si l’aîné d’une famille princière est un bâtard, qui succèdera au père ?
Le premier de ses fils légitimes ou, en l’absence d’héritiers mâles, son plus proche parent masculin afin que les yeux restent au pouvoir. Si la bâtardise n’est pas source de discrimination, puisque l’une des branches princières est elle-même issue d’un bâtard, elle empêche toutefois l’intronisation. Pour prendre un exemple concret, le fils aîné de Julian est un bâtard et ne pourra donc lui succéder.
- Les gens savent que Morgan a 2/3 aventures par-ci par-là, alors pourquoi le soupçonnent-ils d’être homosexuel ?
Justement, deux trois aventures pour contenter la noblesse, ça force les soupçons. Surtout qu’il s’entiche pendant quelques jours/semaines et se refuse à prendre femme. Qu’il n’engendre aucun héritier, ni même un bâtard, fait songer à de la mauvaise volonté ou du désintérêt. Et de fait, la noblesse se raccroche à n’importe quelle explication, quitte à érafler l’égo du souverain et l’inciter à rétablir la vérité.
- Peut-on savoir comment les Princes étaient-ils enfants ?
Morgan était un enfant très énergique ; avec sa jumelle, ils entraînaient Julian dans les pires fanfaronnades et enchaînaient les défis, paris et autres jeux. À eux trois, ils formaient une bande très soudée et joyeuse, qui faisait autant la fierté de leurs parents que du peuple. De là naquit la grande amitié entre Morgan et Julian. Ils ont eu tous les deux une enfance très heureuse, si on écarte la mort en couche de Solenn, la mère des jumeaux.
Dante a eu une enfance bien plus difficile ; après la disparition de sa famille, il a mis beaucoup de temps à se reconstruire. Il a trouvé un équilibre seulement vers sept-huit ans, quand Julian l’a accueilli de manière continuelle. Aux dires de beaucoup, c’était un enfant morose, extrêmement timide et qui n’osait jamais imposer sa présence aux autres. Il se réjouissait seulement aux côtés du peuple et des enfants extérieurs à la noblesse, qui l’acceptaient sans juger ni sa paternité ni ses réticences.
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